Un rosier Pierre de Ronsard, ça s’admire, mais ça se mérite. Face à ces lianes entremêlées et ces tiges qui tutoient les hauteurs, on peut vite se sentir dépassé. Pourtant, la taille de ces géants n’a rien d’un casse-tête si l’on connaît la logique qui se cache derrière chaque geste. Il suffit de différencier ces rosiers grimpants, capables de fleurir plusieurs fois dans l’année, et leurs cousines qui, elles, n’offrent qu’un feu d’artifice printanier. Les premières redonnent de la couleur du printemps à l’hiver, tandis que les secondes se contentent d’une unique explosion, souvent spectaculaire, en début de saison. Ce détail, loin d’être anecdotique, dicte le meilleur moment pour intervenir.
Voici comment adapter le calendrier de taille :
- Stimulez les rosiers remontants dès la fin de l’hiver, juste avant leur réveil printanier.
- Pour les variétés non remontantes, attendez la fin de la floraison, au début de l’été.
Couper à contretemps, c’est risquer de sacrifier une saison de fleurs. Autant dire que le timing a toute son importance. Mais tailler un rosier grimpant ne se limite pas à un simple passage de sécateur. Cela permet aussi de booster la floraison, de donner une allure élégante à la plante, de renforcer les jeunes pousses, d’assurer une belle vigueur, de renouveler les vieilles branches et d’installer un palissage solide.
Ce mode d’emploi s’organise en trois étapes :
- Quelques règles générales pour une coupe réussie
- La taille d’été, spécifique aux lianes et rosiers grimpants non remontants
- La taille hivernale pour les rosiers grimpants qui refleurissent
I. Les règles d’or pour bien tailler
- Privilégiez toujours une coupe en biseau, orientée à l’opposé du dernier bourgeon, avec un outil bien affûté. L’eau glissera sans stagner sur la plaie, limitant les risques.
- Certaines précautions valent la peine : désinfecter les lames entre chaque rosier (eau de Javel diluée, alcool ou briquet) permet d’éviter de propager des maladies.
- Intervenez par temps sec pour optimiser la cicatrisation. Si la pluie menace, patientez. Un ciel dégagé rend la tâche bien plus agréable.
Pour approfondir ces astuces, l’article Tailles de roses : que devez-vous savoir ? détaille chaque point.
En général, les lianes ainsi que les rosiers grimpants non remontants réclament peu de taille, hormis un rafraîchissement pour canaliser leur vigueur.
II. Taille d’été : maîtriser les lianes et les grimpants non remontants
Le nettoyage est simple, mais nécessaire. Certains rosiers, comme ‘Felicité et Perpétue’, ‘Veilchenblau’, ‘May Queen’, ‘Mme Alfred Carrière’ ou ‘Albertine’, sont de véritables force de la nature et peuvent doubler de volume en une saison.
Période idéale : après la floraison estivale, pour les lianes et les grimpants non remontants.
Concentrez-vous sur ces interventions :
- Supprimez systématiquement les branches mortes ou celles qui n’ont pas fleuri.
- Dégagez le cœur du rosier en retirant les brindilles qui s’entrelacent.
- Rabattez les vieux bois pour encourager la naissance de nouvelles pousses vigoureuses.
- Éliminez les fleurs fanées si vous souhaitez éviter la formation de fruits chez les jeunes sujets. Pour obtenir des fruits décoratifs, laissez-les en place jusqu’à la fin de l’hiver.
Un conseil sur le support : vérifiez toujours la solidité de l’armature. Les rosiers lianes n’ont peur de rien et peuvent mettre à l’épreuve pergolas, treillis ou arbres. Assurez-vous que tout est ancré, surtout si le rosier a pris ses quartiers sur un tronc mort.
Pour les grimpants non remontants, appliquez ces mêmes recommandations. Vous retrouverez le détail dans les sections suivantes.
Période de taille : Pour les rosiers grimpants remontants, la taille s’effectue à la sortie de l’hiver, entre le 15 février et le 15 mars, au moment où les bourgeons gonflent, annonçant la reprise de la végétation.
III. Taille hivernale des rosiers grimpants remontants
Observez bien : dès que les premiers bourgeons pointent, l’heure est venue de sortir les outils.
Petite parenthèse pour les amateurs de variétés remarquables : certains rosiers méritent d’être découverts, comme ‘Lace Cascade’, ‘Martine Guillot’, ‘Rose Salma Es-Said’, ‘Phyllis Bide’, ‘Darkruil’, ‘Ghislaine de Féligonde’, ‘Blush Noisette’ ou encore ‘Sénégal’ à la floraison rouge intense.
Pour la taille proprement dite, voici les gestes à privilégier :
- Comme pour les étapes précédentes, commencez par nettoyer le rosier : supprimez tout ce qui est mort ou stérile, aérez en ôtant les brindilles qui s’enchevêtrent, coupez les fleurs fanées pour éviter d’épuiser la plante en formation de fruits.
- Pour rajeunir un rosier grimpant, pliez l’une des vieilles branches charpentières (reconnaissables à leur écorce brune). En raccourcissant une branche ancienne, vous favorisez l’apparition d’une nouvelle pousse bien verte. Le renouvellement des charpentières se fait ainsi d’année en année, en conservant les jeunes tiges vigoureuses à la base.
- Repérez les jeunes charpentières et palissez-les aussi horizontalement que possible. Cette disposition stimule les pousses secondaires et multiplie les fleurs. Attachez les branches à l’aide d’un lien souple ou de l’osier, sans trop serrer pour ne pas blesser l’écorce. Les charpentières sont parfois fragiles, alors allez-y en douceur. Ce palissage peut aussi s’effectuer à d’autres moments de la saison, selon la croissance du rosier : observez simplement votre plante pour choisir le bon moment.
- Après le grand nettoyage et la remise en forme, prenez le temps de reculer et d’apprécier le travail. Observez la silhouette de votre rosier. Plus la taille est franche, plus la plante prendra de la vigueur. À vous de choisir l’allure que vous souhaitez donner à votre rosier grimpant, car tout se joue dans l’équilibre entre floraison et structure.
Envie de pousser plus loin ? L’article Ételage des rosiers : que devez-vous savoir ? propose d’autres astuces et explications techniques pour affiner chacun de vos gestes.
Phyllis Bide et Rose Salma Es-Said, Roses Guillot
Face à un Pierre de Ronsard bien taillé, la récompense ne se fait pas attendre : une profusion de roses, une silhouette élégante et la satisfaction d’avoir accompagné la nature plutôt que de la contrarier. Reste à guetter, saison après saison, le spectacle renouvelé de cette plante qui n’en finit pas de surprendre.







